Saint-Martin smile again

Nul ne peut l’ignorer, Irma restera un cauchemar dans la mémoire des Saint-Martinois. Mais quand j’y reviens aujourd’hui, je retrouve l’île telle que nous l’aimons, surprenante, riche de paysages uniques, fière de s’être relevée et lançant au monde entier un message de résilience, un message optimiste et accueillant tout en sourire.

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L’ATR 72 600 d’Air Caraïbes se pose à Grand-Case dans le soleil descendant. Un taxi me conduit à mon hôtel, non loin. « Do you speak english, sir ? » me dit le chauffeur en baissant le volume de son autoradio qui diffuse un kompa secouant. « Non français, je viens de Guadeloupe. » « Welcome ! » conclut-il. La baie de Grand-Case est au nord-ouest de l’île, avec face à elle Anguilla qui à cette heure crépusculaire marque l’horizon d’une trace mauve. Alors que je m’installe sur ma terrasse de plain pied, face à la mer apaisée à cette heure, mes voisins de chambre viennent me saluer. Nous partageons un rafraîchissement et la conversation s’engage. Noah et Melissa viennent de Chicago, pour quelques jours de vacances avec leurs deux enfants. « Nous sommes tombés amoureux de Saint-Martin avoue Noah, nous y venons aussi souvent que possible. D’ailleurs, nous avons acheté un appartement qui va nous être bientôt livré. » Certes, le couple jouit d’une situation financière confortable qui leur permet de voyager à sa guise, mais je leur demande comment peut-on connaitre cette île depuis Chicago. Melissa me donne une réponse sincère qui m’éclaire sur un des premiers atouts de Saint- Martin. « Notre premier voyage a été un coup de coeur. Nous aimons que tout le monde parle anglais ici, mais nous aimons par-dessus tout la cuisine française et antillaise, et la musique ! Les plages sont splendides et les paysages très variés et surprenants.» Je comprends mieux la fidélité de la clientèle, dont une grosse partie vient à Saint- Martin depuis 25 ans. Merci Melissa, tout est dit. Ou presque. Car je suis venu pour m’en assurer par moi-même. Dès le lendemain matin, je me laisse guider par Kate Richardson sur les routes de l’île. Cette jeune femme travaille à l’Office du Tourisme et connaît tout le monde. Sur le chemin, elle salue ses connaissances en anglais ou en français. Effectivement, ici le bilinguisme est naturel. Tout en roulant sur les routes qui surplombent les plus beaux sites de l’île, Kate me décrit la population locale, et je découvre que Saint-Martin est véritablement cosmopolite. « Les Haïtiens représentent 25% de la population. Il y a aussi des Français, Hollandais, Dominiquais, Jamaïcains, Dominicains, Saint-Luciens, Américains, Chinois, les Saint-Martinois de souche n’étant que 5000. Sans oublier les Indiens de Bombay ou de Goa, très implantés dans le commerce. A Philipsburg, ils gèrent depuis 1970 l’Indian Merchant Association. »

carte de Saint Martin

Les plages de Saint Martin

Avec 37 plages, il y a de quoi satisfaire tous les plaisirs, de la bronzette à la plongée, en passant par tous les sports nautiques. Le long des routes grimpant à flanc de mornes, je contemple quelques étangs constituant une réserve naturelle pour plus de 80 espèces d’oiseaux. Les plages s’égrènent, Sandy Ground, la Baie Nettlé, l’Anse Marcel, jusqu’à celle d’Orient Bay, la plus connue. « Cette plage avait des airs tropéziens raconte Kate lorsque nous y faisons halte. Aujourd’hui elle est plus naturelle, plus familiale, mais reste très festive. Le Bikini, un des bars les plus célèbres est réouvert et les transats et parasols sont de retour. Les kitesurfers sont là aussi. Tout est redevenu comme avant. » La mer turquoise d’Orient Bay et sa plage de sable blond invitent à la détente. Je me poserais bien sousun parasol pour un petit farniente, mais nous devons repartir. Au nord, l’Anse Marcel va voir surgir bientôt un hôtel Sole Resort, avec la plus grande piscine des Petites Antilles, au même niveau que la mer.Derrière, accessible par un sentier étroit, la Pointe des Froussards offre une vue à 360° sans que l’on n’aperçoive la moindre construction.

Loterie Farm

Loterie Farm paradis tropical

Il fait faim au grand vent de la Caraïbe. Kate m’emmène déjeuner à la Loterie Farm. Encore une surprise que je ne suis pas prêt d’oublier. Créé par le californien William Welch, alias BJ, le site est au coeur des collines du Pic Paradis, le bien nommé, dans la seule forêt tropicale secondaire de l’île. Une immense villa datant des années 30 le surplombe. Elle fut conçue par l’architecte Ali Tur, celui-là même qui rebâtit écoles, mairies et bâtiments publics des Antilles après le passage de l’ouragan Okeechobee en 1928. D’énormes palmiers bouteilles abritent un ruisseau descendant vers des bassins et une piscine en pierre naturelle. Le long de la pente, d’élégants carbets avec canapés et coussins colorés invitent à la dégustation d’un cocktail, en écoutant la musique ambient du Dj du jour. Familial le jour, le lieu est très branché en soirée. Nous déjeunons agréablement, servis par un personnel souriant, et Kate ajoute : « Il y a plus de 2 200 manguiers sur la propriété, un parcours d’accrobranche, et bientôt un golf de 9 trous. » Je ne veux plus partir ! Ce soir-là à l’hôtel, mes nouveaux amis américains m’avouent qu’ils y passent des journées entières. Chanceux !

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Sint-Maarten Dutch

Le lendemain, nous faisons une rapide escapade dans la partie hollandaise. Les touristes qui visitent Saint-Martin font fréquemment des va-et-vient entre les deux parties de l’île. Surtout fréquentée par une clientèle anglophone, Philipsburg, la capitale du territoire est plus urbaine, et très prisée pour ses casinos et son shopping, car ici tout est duty free. La célèbre Front Street aligne bars et commerces pittoresques ou boutiques de luxe. Mais l’on peut faire de très bonnes affaires du côté français. Sur les conseils de Kate, j’en ai fait l’expérience. Un rituel cocasse se déroule chaque jour à Maho Beach. En bout de piste de l’aéroport international Princess Juliana, les touristes armés de leurs smartphones y attendent l’atterrissage des gros porteurs qui rasent la plage. Aux heures d’arrivées, le bar tout proche ne désemplit pas. Cette plage doit être une des rares au monde où l’on ne vient pas pour la baignade ! Une autre manière originale de découvrir Saint-Martin est de l’aborder par la mer, pour en apprécier les contours, les baies cachées, et admirer les couleurs et les lumières. Au départ de la Marina de Fort-Louis à Marigot, la seule ouverte sur la pleine mer, quelques 75 bateaux proposent des excursions à la journée ou en 3 ou 4 jours avec visite de Saint-Barthélemy et Anguilla. Deux jours à Saint-Martin ne m’ont pas permis de tout voir bien sûr. Grâce à Kate Richardson, j’ai rencontré des gens charmants et accueillants, attentifs et rigoureux à la manière anglo-saxonne, et créatifs et chaleureux à la nôtre. Saint-Martin est une île aux plages de rêves et aux nuits festives. C’est une destination privilégiée de la Caraïbe, internationalement reconnue. Son accueil, sa nature et ses charmes naturels me l’ont confirmé.

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